Le discours tenu par le Gouvernement est en décalage complet avec le malaise ressenti par les fonctionnaires et exprimé ces derniers jours par les agents de la pénitentiaire et les personnels des EHPAD. Une inquiétude partagée par tous les Français attachés à leurs services publics. Au manque de moyens matériels et humains, à la réflexion annoncée sur l’évolution des missions de l’Etat, le Gouvernement répond par des attaques sur le statut et les rémunérations.

La concertation soi-disant voulue par le Gouvernement est une tartufferie… les conclusions en sont déjà écrites : recours massif aux contractuels, rémunération au mérite et plan de départs volontaires.

En plus d’être d’une brutalité sans nom à l’égard des fonctionnaires, ces annonces témoignent d’une vision erronée et éculée de l’administration. Chaque jour, les fonctionnaires adaptent leur métier aux mutations de la société et inventent les services publics de demain.

Cette nouvelle salve s’ajoute aux mesures dont ont déjà pati les agents de la fonction publique depuis le début du quinquennat : gel du point d’indice, suppression des emplois aidés ; rétablissement du jour de carence ; report de la mise en œuvre du protocole PPCR ; non-compensation de la hausse de la CSG.

Si la fonction publique a besoin d’être réformée, cela ne peut pas se faire n’importe comment, sans respect et dialogue. Les agents ont montré depuis plusieurs années leur capacité à faire évoluer l’organisation et le fonctionnement de l’administration. Ce dont ils ont besoin aujourd’hui, c’est moins d’un plan social que d’un plan de formation pour les accompagner dans l’évolution des services à rendre à nos concitoyens.

La suppression de 120.000 postes de fonctionnaires ne manquera pas d’avoir des conséquences sur la qualité et l’accès aux services publics, notamment dans les territoires les plus défavorisés.

Cette politique, loin de réformer l’État, affaiblit la puissance publique en la vidant de ses missions. Ce n’est pas en précarisant le statut de la fonction publique, ni en opposant les agents titulaires aux contractuels que l’on prépare l’avenir. Le service public, auquel les Français sont attachés, mérite davantage d’attention et de considération de la part du gouvernement.