A Caen, où j’étais présente, comme dans beaucoup de grandes villes, cette première mobilisation contre les ordonnances du code de travail a réuni beaucoup de monde dans les rues. Une manière démocratique de montrer le désaccord grandissant avec ce dispositif qui rend plus fragile et plus flexible le statut des salariés, sans pour autant leur donner plus de sécurité. Comme l’ensemble des députés du groupe « Nouvelle Gauche », j’ai dénoncé en commission et dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale cette reculade sociale qui, de plus, ne fera pas baisser le chômage de masse.

Le Président de la république et le Premier ministre disent qu’ils ne changeront rien. C’est leur droit, ils ont la légitimité issue des urnes. Mais il est de leur devoir de ne pas prononcer des phrases et des mots qui blessent, heurtent celles et ceux qui s’opposent à leur vision de la politique. Le dialogue social, l’ouverture d’esprit, préconisés par ce gouvernement et par les députés En Marche ne peuvent souffrir de telles déclarations qui tendent à dévaloriser nos concitoyens. Il y a là, a minima, une incohérence, pour ne pas dire plus…. Il est également de leur responsabilité de continuer à entretenir le dialogue avec les syndicats, non plus dans le seul cadre de la concertation, mais de la négociation. C’est le sens même de la démocratie sociale.