Globalement, ce projet de loi est un rendez-vous manqué …

Les Etats généraux de l’alimentation étaient une formidable initiative traduisant l’idée de Nicolas HULOT, alors président de la Fondation NH, lors de la campagne présidentielle. Ils ont été salués comme tels par le groupe Nouvelle Gauche. Ils avaient d’une part, permis de dégager un consensus ambitieux sur le type d’agriculture que notre société souhaite pour demain (protectrice de l’environnement et respectueuse de la santé publique), et d’autre part, suscité de l’espoir parmi les agriculteurs en proposant des innovations intéressantes visant à rééquilibrer les relations commerciales agricoles, dans un contexte de guerre des prix dévalorisant le travail paysan et permettant difficilement aux agriculteurs de vivre de leur labeur.

Le Projet de loi EGALIM a déçu dès son arrivé. Son examen en commission des affaires économiques d’abord, puis, en séance, également. Trop peu de dispositions innovantes sur l’amélioration de l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire. Les amendements NG visant à renforcer les producteurs face aux géants de la transformation et de la grande distribution (soutien aux associations d’organisations de producteurs –AOP-, définition d’une stratégie visant à maillant le territoire d’AOP, …) et encore à transformer durablement notre agriculture ainsi que la consommation alimentaire (renvoi à un décret pour fixer la part de produits alimentaires issus de l’agriculture bio ou labélisée, aucun encadrement du marketing alimentaire à l’attention du jeune public, trop peu d’avancées en matière d’étiquetage nutritionnel, …) ont été balayés d’un revers de main.

Ce texte n’apporte aucune vision claire d’une politique ambitieuse en matière d’éducation à l’alimentation. Nos amendements sur le sujet ont été rejetés.

Le texte ne traduit aucun des engagements pris par Emmanuel MACRON face aux citoyens en termes de bien-être animal ou en matière sanitaire (rien sur le glyphosate, rien sur l’utilisation de produits phytosanitaires –Produits Phyto Pharmaceutiques (PPP)- dans un périmètre où se situent des établissements recevant des populations vulnérables).

Les propositions du groupe NG ont globalement très peu été entendues par la majorité et le Gouvernement.

A ce propos, il est regrettable qu’il n’y ait aucune avancée an matière d’indemnisation des victimes de PPP.

Par ailleurs, les amendements du groupe NG visant à arrêter, en attendant la grande loi foncière promise pour 2019, l’hémorragie actuelle du foncier agricole en faveur de l’agglomération de grandes surfaces au sein d’un nombre limité d’exploitations, ont été rejetés.

Les timides avancées votées (reconnaissance de l’agriculture de groupe et soutien aux conventions pluripartites) n’ont pu contrebalancer les déceptions faisant suite à l’examen marathon de ce projet de loi.

C’est pour ces raisons que nous avons voté contre.