Personne ne peut admettre un taux de chômage aussi élevé dans notre pays. Tout doit être tenté pour enrayer un fléau qui touche principalement les jeunes et les seniors. Les neuf articles de l’actuel projet d’habilitation du gouvernement permettront-ils un progrès dans ce domaine ? Je ne le crois nullement. Qui peut croire en effet que, par des règles de licenciement plus souples, le développement du « CDI de projet », le plafonnement des indemnités de licenciement prud’homales, la fusion des instances représentatives du personnel, la remise en question du compte pénibilité, la prééminence des accords d’entreprise, nous pourrions endiguer le chômage. Ces mesures d’inspiration libérale, prises au nom de l’emploi, ne feront que précariser un peu plus les salariés et affaiblir leur protection.

A l’heure où une majorité de français s’inquiète de cette réforme, le gouvernement a pourtant fait le choix de ne pas engager un large débat à l’Assemblée nationale. Si l’utilisation des ordonnances a pu se défendre par le passé lorsqu’il s’agissait de mettre en œuvre un réel progrès social (5ème semaine de congés payés, 39h, retraite à 60 ans), la méthode s’apparente aujourd’hui à un véritable passage en force, au plein coeur de l’été. Le parlement ne saurait être réduit au rôle de simple chambre d’enregistrement, surtout lorsqu’il s’agit de prendre le risque de créer un code du travail par entreprise ». La loi doit garantir les mêmes droits pour tous.

Voir mon intervention en commission des Affaires sociales le 4 juillet dernier