Il y a urgence à agir. Aussi, il aurait été nécessaire que le Président de la République mobilise le pays autour de propositions claires et concrètes comme celles que nous avons présentées la semaine dernière dans le cadre de notre plan de rebond économique, social et écologique.

Mais nous avons entendu des mots, toujours des mots, encore des mots. Ces banalités et ce flou sur ce que serait une reconstruction “écologique” ou “solidaire” nous inquiètent. Cela nous rappelle “l’acte 2” du quinquennat, dans lequel il devait y avoir aussi plus de dialogue social et plus d’écologie ! Pour quel résultat un an après ?

Des questions se posent lorsque le Président de la République invite le pays à “produire et travailler davantage”.

Si cela veut dire que les Français qui ont déjà un emploi devront travailler plus, cela aura des conséquences désastreuses sur tous ceux qui ont dès aujourd’hui perdu leur emploi comme les intérimaires ou tous ceux qui voudront prochainement rentrer dans l’emploi comme les jeunes diplômés ! C’est un contre-sens !

Afin d’accompagner la reprise de l’activité, les socialistes proposent au contraire une réduction transitoire du temps de travail via une prolongation du chômage partiel sur une partie du salaire avec une baisse du temps de travail correspondant au niveau d’activité retrouvé. Le temps libéré doit permettre de former les salariés.

Des doutes se font jour sur l’engagement du Président à ne pas augmenter les impôts. En effet, l’Assemblée nationale examine cette semaine un projet de loi qui, suite à la crise du coronavirus, ajoute 136 milliards d’euros de dettes au “trou de la Sécu”. Cette dette sociale qui devait être remboursée en 2024 s’étalera ainsi jusqu’en 2033. Le gouvernement prélèvera par conséquent la “CRDS” neuf années de plus que ce qui était prévu, cela représente 0,5% prélevés chaque mois sur tous les salaires.

De plus, le gouvernement ne pourra pas tout faire reposer sur la dette, ce n’est pas sérieux. Nous demandons un débat sur le financement de l’effort exceptionnel de l’Etat et exigeons de la justice sociale, que le Président refuse pour le moment : rétablissement de l’ISF, suppression de la flat tax ou prélèvement exceptionnel sur l’assurance-vie.

Une nouvelle fois, derrière les grandes phrases, on retrouve de vieilles recettes libérales qui ont déjà prouvé leur inefficacité depuis trois ans : travailler plus pour certains, payer moins d’impôts pour les autres. “Il faut que tout change pour que rien ne change” pourrait être la devise de ce gouvernement !