Repoussée à plusieurs reprises par la pandémie, l’entrée en vigueur du second volet de la réforme de l’assurance chômage a donc eu lieu ce vendredi 1er octobre. Celle-ci modifie considérablement les règles de calcul de l’allocation perçue par les demandeurs d’emploi et pénalisera fortement les « permittents » de l’emploi, qui alternent périodes d’activité professionnelle et de chômage. 

C’est une décision lourde de conséquences car elle va frapper les personnes les plus fragiles, dont la réinsertion sur le marché de l’emploi est précaire. Les études d’impact successives de l’Unedic sur les effets de cette réforme sont sans appel. Ce sont les travailleurs sans emploi les plus durement touchés par la crise – et notamment les jeunes – qui feront les frais de ce nouveau mode de calcul, qui vise à faire quelques économies sur le dos de ceux qui s’accrochent pour s’arrimer à l’emploi et ont besoin d’un filet de sécurité. 

Cette réforme est injuste et nous la dénonçons avec vigueur depuis plus de deux ans. Elle l’est plus encore après la crise sanitaire que notre pays traverse depuis dix-huit mois. Même Mme Pénicaud, pourtant à l’origine de cette réforme, a reconnu il y a quelques semaines que celle-ci n’était plus appropriée.

En la maintenant « quoi qu’il en coûte », le gouvernement cède à un aveuglement idéologique qui rend les demandeurs d’emploi seuls responsables de leur situation et les abandonne à la précarité.