Communiqué du Parti Socialiste- 15 septembre 2021

Ce 14 septembre, le président de la République présentait dans un discours à Roubaix les conclusions du « Beauvau de la sécurité ». Sur les 24 mesures concrètes qui sont annoncées, 16 sont reportées au lendemain de l’élection présidentielle de 2022, soit plus des deux tiers des annonces !

Emmanuel Macron a multiplié les consultations pour mieux retarder le moment des décisions : en 2017 autour de la police de sécurité du quotidien, en 2019 autour du livre blanc de la sécurité intérieure, en 2021 avec le « Beauvau de la sécurité ». Pour ceux qui espéraient des améliorations pour le quotidien des forces de l’ordre et le rétablissement du lien police/population, ce quinquennat est un quinquennat perdu.

Au-delà, ces annonces manquent d’engagements concrets dans la lutte contre la souffrance au travail et pour la revalorisation du métier et des carrières de policier et de gendarme. Plusieurs propositions auraient pu être mises sur la table : une véritable revalorisation salariale plutôt qu’une simple révision du système des primes exceptionnelles ; une intégration des primes perçues dans le calcul des droits à la retraite ; un meilleur accompagnement psychologique et administratif lorsque les agents font face à des situations difficiles ; des garanties pour que les congés des policiers et gendarmes soient effectifs (beaucoup de fonctionnaires sont aujourd’hui rappelés alors qu’ils sont en vacances) ; une révision du système de promotion en interne, etc. 

Le président de la République aurait également dû répondre à la volonté de transparence et d’indépendance, unanimement demandées par les forces de l’ordre et par la population. Face à cela, nous renouvelons notre proposition : l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) ne doivent plus être sous la tutelle de la Direction générale de la police nationale (DGPN) et de la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). La restauration du lien de confiance ne peut être différée plus longtemps.

Par ailleurs, si Emmanuel Macron a annoncé une refonte du Code de procédure pénale, cette déclaration est restée au stade de l’évocation. Et, dans la même veine, les regrets exprimés sur la lenteur des procédures n’ont pas été suivis de solutions concrètes : la promotion des amendes forfaitaires ne peut constituer à elle seule la clef d’une véritable réponse pénale ! 

Enfin, le président de la République a promis de doubler les effectifs des forces de l’ordre sur les dix prochaines années. Il lui faudra déjà tenir sa promesse de 2017 d’augmenter de 10 000 postes le nombre de policiers et de gendarmes.

Ce 14 septembre est pour finir un rendez-vous manqué : Emmanuel Macron devait parler à la nation. Il a fait de la sécurité une affaire de professionnels, alors qu’elle est un droit légitime pour chaque Français.

Nous avons la chance d’avoir une police républicaine. Il appartient aux autorités publiques de dire, à celles et ceux qui servent ce grand service public de sécurité, qu’il est une priorité nationale, que tout sera entrepris en matière de formation, de mutations, d’aides aux conditions de travail. 

Nous devons également rappeler aux Français que la lutte contre les incivilités, contre le trafic de stupéfiants, le petit et grand banditisme, le terrorisme, les violences faites aux femmes et aux enfants, le maintien de l’ordre, sont à équivalence la priorité des forces de l’ordre. La prochaine loi de programmation devra en ce sens apporter des réponses à ces objectifs.

Emmanuel Macron a prononcé un discours de campagne électorale, alors que nous attendions les engagements directement opérationnels d’un chef d’État.