Marche pour la justice climatique à Caen le samedi 6 novembre

Renoncement à interdire l’utilisation du glyphosate, renoncement à réorienter nos échanges commerciaux en acceptant le CETA, renoncement à reprendre “sans filtre” les propositions de la convention citoyenne pour le climat, renoncement à créer un climat d’écocide, renoncement à réformer la Constitution pour y garantir la préservation de l’environnement, renoncement à porter des mesures ambitieuses dans la loi climat…

Emmanuel Macron candidat promettait d’être le président de la transition écologique, il est le président du renoncement écologique. Même le Conseil d’Etat, en juillet dernier, a ordonné au Premier ministre de prendre, dans un délai de neuf mois, « toutes mesures utiles permettant d’infléchir la courbe des émissions » afin que nos objectifs climatiques soient effectivement atteints !

En 2015, à Paris, la COP21 s’était achevée sur la signature d’un accord historique avec l’engagement de 190 pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, de sorte à limiter le réchauffement moyen de la planète en dessous des 2°C, idéalement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. 6 ans plus tard, selon un récent rapport de l’ONU…la planète se dirige vers un réchauffement « catastrophique » de +2,7 °C d’ici la fin du siècle !

  • Dans la loi climat promulguée en août, le gouvernement s’est fixé l’objectif de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990. Comme nous le dénoncions pendant les débats parlementaires, cet objectif est obsolète. Nous demandons au gouvernement de s’aligner sur le nouvel objectif européen de baisse des émissions de 55% en 2030 !
  • Malheureusement nous n’avons rien entendu de tout ça dans le discours du Président de la République hier, qui a préféré l’autosatisfaction à l’action. Si “le leadership exige l’exemplarité” comme l’a proclamé Emmanuel Macron hier, qu’il fasse de notre pays à l’origine de l’accord de Paris le moteur de la transition écologique plutôt que le spectateur du dérèglement climatique.

De plus, l’accord de Paris lie explicitement l’urgence climatique à la lutte pour l’élimination de la pauvreté. Six ans plus tard, force est de constater que l’esprit de cet accord n’a pas non plus été respecté en ce qui concerne ses objectifs sociaux. La solidarité reste le parent pauvre des politiques climatiques.

  • Au niveau international, les pays riches n’ont pas honoré leur engagement d’allouer chaque année 100 milliards de dollars (86 milliards d’euros) de financement pour la transition écologique dans les Etats qui en auraient le plus besoin.
  • Au niveau national, la fiscalité écologique pèse toujours de manière disproportionnée sur les ménages les moins aisés, et les rares mesures permettant d’accélérer l’action climatique sont mises en oeuvre sans que soit prévu de véritable accompagnement social.
  • C’est pourquoi nous avons plaidé dans une tribune publiée par Libération aujourd’hui pour l’adoption d’un pacte de justice environnementale et sociale. Nous appelons le gouvernement à porter dans le cadre des négociations internationales sur le climat trois mesures fortes :

○ Reconnaissance du crime d’écocide

○ Instauration d’une « règle d’or» écologique et sociale

○ Utilisation d’indicateurs de développement durable

  • C’est pourquoi nous avons défendu tout au long de la législature et plus particulièrement pendant les débats parlementaires sur la loi climat des propositions pour accompagner les ménages et les territoires vers la transition, pour « + de justice et – de carbone ».

○ Concrètement, nous défendons : zéro reste à charge pour les ménages dans le cadre de la rénovation énergétique (la prime climat), aides renforcées pour l’achat d’un véhicule propre (prêt à taux zéro mobilité durable), réduction du taux de TVA pour les modes de transport les moins polluants, soutien et valorisation des démarches agro-écologiques, création d’un fonds dédié à la transition dans les industries les plus polluantes (fonds 3E)…

Sur la question des véhicules propres, nous déposerons demain à l’initiative de

Gérard Leseul une proposition de loi instaurant un dispositif de prêt à taux zéro mobilité durable.

  • En 2025, il devrait y avoir 45 zones à faibles émissions, soit plus de 10 millions de véhicules concernés par des restrictions de circulation, c’est-à-dire environ un quart du parc automobile français. Ces mesures permettront d’améliorer la qualité de l’air dans les grandes agglomérations…
  • …Mais risquent d’exclure les ménages les plus modestes de ces agglomérations.

Le défi à relever consiste donc à assurer une transition sociale-écologique pour permettre aux ménages notamment les plus modestes d’accéder à un véhicule propre et ainsi réaliser la grande mutation du parc automobile français.

  • Les mesures de prime à la conversion et de bonus à l’achat d’un véhicule plus propre et moins émetteur en gaz à effet de serre sont utiles mais pas suffisantes.

C’est pourquoi nous proposons de créer un dispositif de prêt à taux zéro plus massif que celui engagé par le gouvernement.

  • Plus massif car nous proposons une garantie de l’Etat, plus massif car nous permettons aux Français de pouvoir aussi acheter un vélo à assistance électrique avec ce prêt, plus massif car tous les Français qui perçoivent moins de 1700 euros par mois pourront bénéficier de ce dispositif.
  • En plus de l’accompagnement budgétaire classique, l’accompagnement humain dans les territoires, notamment par l’intermédiaire du réseau des maisons

France Services, permettra d’apporter un conseil et une assistance technique pour les ménages qui souhaitent changer de véhicule.