Ces derniers jours, de nombreuses régions reportent les rendez-vous pour une première injection du vaccin contre le Covid-19, faute de doses.

Nous avions déjà constaté que de nombreux départements manquaient de stocks de doses. Ci-dessous une carte sur le nombre de doses de vaccins en stock pour 1000 habitants de plus de 75 ans que nous avons réalisée à partir des données en ligne à la date du 24 janvier. Les constats:

  • de fortes disparités entre les différents départements qui ne sont pas expliquées par les taux de contamination ;
  • un faible nombre de doses dans les départements qui comptent des grandes villes (le Nord avec Lille, les Bouches-du-Rhône avec Marseille…)

 

 

 En plus de ces dysfonctionnements sur l’approvisionnement des différents départements, la France est confrontée à un retard des livraisons de doses promises par les laboratoires pharmaceutiques commandées par la Commission européenne.

Afin de faire la lumière sur les raisons de ces retards, Valérie Rabault et Patrick Kanner ont, au nom des parlementaires socialistes et apparentés, sollicité par courrier le Premier ministre :

  • Pour que le Parlement français puisse consulter les contrats négociés par la Commission européenne au nom des États membres parmi lesquels la France ;
  • Pour que le Premier ministre précise le schéma exact de financement de l’achat des doses de vaccin, et notamment pour l’ensemble des doses allouées à la France le montant acquitté par la Commission européenne et le montant qui sera payé par l’État français.

Lire notre courrier au Premier Ministre

Ces retards d’approvisionnement sont d’autant plus inquiétants que le Ministre de la Santé a annoncé jeudi 21 janvier au journal télévisé que 57 millions de Français pourront être vaccinés à la fin du mois de juillet…

  • …même si le matin même, pour convaincre le Sénat de prolonger l’état d’urgence sanitaire, le même Ministre de la Santé annonçait qu’il ne serait pas possible de vacciner plus de 15 millions de personnes fragiles d’ici à l’été.
  • Alain David a interrogé le gouvernement sur ces approximations.

    Par ailleurs, pendant que le gouvernement semble préparer un troisième confinement, nous avons de nouveau défendu les droits du Parlement cette semaine.

    Tout d’abord en demandant au Premier ministre de nous communiquer, au préalable à la réunion des comités de liaison parlementaire convoqués jeudi 28 janvier, les modèles épidémiologiques et l’ensemble des données et rapports dont il dispose pour appuyer son analyse de la situation.

    • Ces documents d’aide à la décision doivent en effet être mis à la disposition des parlementaires afin d’éviter que ces comités de liaison ne se transforment en vaine et formelle consultation. Malheureusement nous n’avons pas reçu tous ces éléments.

    Nous nous sommes également opposés à la décision de la majorité de dissoudre la mission d’information parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire qui permettait de contrôler l’action du gouvernement.

    • Pour mémoire, le 24 mars 2020, le Président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand s’est engagé en Conférence des présidents à ce que cette mission assure le contrôle de l’état d’urgence sanitaire « aussi longtemps qu’il sera en vigueur ».
    • Comme le gouvernement propose de prolonger l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 1er juin 2021 et que l’épidémie est loin d’être terminée, rien ne justifie donc l’arrêt de cette mission.
    • Nous en avons donc appelé au président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand pour rétablir dans ses droits l’Assemblée nationale.