Mon communiqué de presse du 11 décembre 2020

C’est sous le signe d’un triple mépris que le Président de la République et le Premier ministre ont décidé seuls de repousser à une hypothétique ouverture les musées, les salles de spectacles, de cinémas, et de concerts le 7 janvier.

Mépris parce que l’on annonce à un secteur économique, déjà au bord du gouffre, 5 jours seulement avant la date fixée, que la reprise d’activité ne sera pas possible. Dans le rythme de cette décision aucune considération pour l’immense travail réalisé par les professionnels du secteur depuis le mois de septembre : reprogrammation des spectacles et des sorties de film, adaptation des horaires, modification de la billetterie…
Une mesure injuste qui passe sous silence les conséquences économiques et sociales pour les structures, les artistes, les techniciens, notamment ceux qui relèvent de l’intermittence.

Mépris encore par rapport aux efforts colossaux menés depuis des mois par les responsables des structures culturelles pour accueillir, dans le respect total des conditions sanitaires imposées, les spectateurs et les visiteurs. Jamais les protocoles mis en place par les professionnels en septembre dernier, avec masque obligatoire, gel hydroalcoolique, distanciation, réduction des jauges d’accueil, n’ont été remis en question… Dans la décision du gouvernement aucune trace d’études scientifiques indiscutables montrant que la fréquentation des salles de spectacles, des musées a été à l’origine de contamination massive de la population.

Le risque sanitaire à ouvrir les lieux de culture au public serait-il donc plus fort que celui qui consiste à demander à plus d’1 million d’enseignants et de personnels de l’éducation nationale de se rendre quotidiennement dans les établissements scolaires ?

Mépris enfin du chef de l’Etat pour un secteur qu’il considère en réalité, du fait de sa vision économique et sociale néolibérale, comme totalement non essentiel. Ses déclarations du mois d’avril dernier demandant aux acteurs de la culture « d’enfourcher le tigre », d’être inventifs les renvoyaient déjà à cette vision.

Face à ce triple mépris, il nous faut être collectivement intransigeants et demander au Président de la République et à son Premier ministre (Roselyne Bachelot ne semblant pas avoir son mot à dire dans les décisions prises) : de mettre en place dès maintenant des échanges permanents avec les représentants du secteur de la culture pour les informer, quotidiennement, des décisions possibles concernant la réouverture le 7 janvier, de dire si les protocoles sanitaires actuels sont adaptés ou s’ils doivent évoluer, enfin, de fournir à la représentation nationale les études scientifiques sur la base desquelles la décision de non-ouverture le 15 décembre a été prise.