Plus de 1 000 médecins hospitaliers, dont quelque 600 chefs de service, menacent de “démissionner collectivement” de leurs fonctions administratives si la ministre de la Santé Agnès Buzyn n’engage pas de négociations sur le budget et les salaires de l’hôpital.

Plutôt que de s’entêter avec sa réforme des retraites que rien n’impose, le gouvernement devrait enfin se préoccuper de cette mobilisation historique !

  • Depuis 10 mois les médecins, infirmier.e.s, aide-soignant.e.s, sont mobilisés massivement et pacifiquement partout en France.
  • En dépit de 4 plans successifs qui proposaient quelques mesurettes, la mobilisation ne s’est jamais affaiblie et semble atteindre aujourd’hui un point de non-retour.

Comme le rappellent les 1200 praticiens dans leur lettre, le gouvernement n’est pas à la hauteur depuis le début de la crise dans les hôpitaux car il refuse – par dogmatisme budgétaire – d’augmenter suffisamment les moyens des hôpitaux à travers l’ONDAM (Objectif national de dépenses d’assurance maladie) :

  • Fixer comme le proposait le gouvernement dans le PLFSS initial une progression de l’ONDAM hospitalier à 2,1% alors que le taux d’évolution spontanée des dépenses est en moyenne de 3,5% ces trois dernières années et que les hôpitaux font face à de nouvelles pathologies marquait une forme d’aveuglement. Cela représentait 800 millions d’économies nouvelles sur l’hôpital. C’était une provocation.
  • Face à la mobilisation des personnels, legouvernement a finalement proposé un ONDAM hospitalier à 2,4%, mais cela représente seulement une hausse de 200 millions d’euros pour l’hôpital ! Il manque toujours 600 millions d’euros. C’est pourquoi nous avons proposé dans notre plan d’urgence pour l’hôpital et l’autonomie présenté le 22 octobre de relever l’ONDAM hospitalier à 3,1% en 2020. Cela était un apport de 830 millions d’euros dès 2020.
  • Cette augmentation du budget de l’hôpital doit avant tout permettre d’augmenter la rémunération des personnels soignants et non-soignants. C’est un impératif. Les primes et aides au logement proposées par le gouvernement à certains personnels de certains territoires (la région parisienne) sont très insuffisantes. C’est d’une politique salariale globale dont l’hôpital public a besoin afin d’être attractif par rapport au secteur privé.

Cette mobilisation historique dans les urgences et les hôpitaux met à jour des conditions de travail gravement dégradées et des situations préoccupantes de surmenage avec le développement de risques psycho-sociaux importants. Le gouvernement doit prendre la mesure de ce malaise :

  • Il existe, aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni, des enquêtes régulières sur la qualité de vie au travail à l’hôpital qui n’ont pas d’équivalent en France. Nous proposons que le gouvernement remette annuellement au moment de l’examen parlementaire du PLFSS un rapport évaluant les conditions de travail au sein des établissements hospitaliers.
  • Dans l’immédiat, le gouvernement doit mettre fin à la réduction du nombre de personnels dans les hôpitaux. Nous lui proposons d’appliquer une règle simple « zéro suppression de poste au lit du malade », il n’a pas souhaité donner suite à cette proposition !

Après 30 ans d’efforts des hôpitaux, des personnels hospitaliers et des Français, le “trou” de la sécu sera remboursé au 1er janvier 2025.

  • Au regard de l’urgence de la situation, les parlementaires socialistes et apparentés rappellent leur proposition de report de 2 ans de ce remboursement de manière à dégager 5,6 milliards d’euros dès 2020, sans prélèvements ni endettements nouveaux.
  • Tout cela doit rapidement être discuté lors d’un “Grenelle de la santé”, comme les médecins le proposent dans leur lettre à la Ministre. Nous proposions déjà en octobre des états généraux de l’hôpital, proposition à laquelle le gouvernement n’a malheureusement pas donné suite.