Pour faire face à l’urgence liée à l’épidémie de coronavirus, les députés socialistes et apparentés ont demandé au Gouvernement dans une tribune au JDD de débloquer, immédiatement, les enveloppes budgétaires nécessaires pour le recrutement de personnels soignants.

Pour faire face à l’urgence liée à l’épidémie de coronavirus, le Gouvernement a proposé, cette semaine, deux lois au Parlement. L’une constitue un plan d’urgence économique pour les entreprises, l’autre créé un état d’urgence sanitaire. Alors que les soignants sont en première ligne pour protéger les Français de la crise sanitaire, il paraîtrait logique qu’ils soient les premiers concernés par les plans d’urgence votés. Or aucune des deux lois votées ne dégage de moyens supplémentaires pour eux. Certes, tout ne se règle pas par la loi. Mais en France, ce qui ne figure pas dans une loi – et de surcroît une loi de finances – est souvent ce qui n’existe pas.

Pour être tout à fait juste, le Gouvernement, en parallèle de son initiative législative, a annoncé 2 milliards d’euros supplémentaires pour l’hôpital. Toutefois personne ne les a vus, à ce stade, dans les documents budgétaires. À force de questions de l’opposition, le Gouvernement a fini par indiquer que ces crédits avaient vocation à être fléchés vers l’achat de matériels et le paiement d’indemnités journalières, sans préciser pour autant dans quel laps de temps. Si ces crédits sont rapidement débloqués, ce sera un premier pas et nous ne nions pas son importance. Mais face à la « vague » ou au « tsunami » qui se profile dans les établissements hospitaliers comme le prédisent de nombreux experts, il est indispensable que les médecins, infirmières et infirmiers, aides-soignantes et aides-soignants puissent être vraiment soutenus, et en premier lieu au travers de recrutements immédiats à l’hôpital, permis par un engagement budgétaire de la nation.

Nous n’ignorons pas que le vivier de soignants n’est pas extensible. Toutefois, il existe des possibilités de mobilisation si l’hôpital est en capacité de proposer des conditions d’exercice décentes. Si on veut que les soignants déjà en poste puissent tenir le choc sans subir l’épuisement qu’induira l’afflux de cas difficiles, il faut qu’ils puissent être relayés. Ceci suppose qu’il y ait du personnel soignant en nombre suffisant ; ceci suppose que chaque personnel n’ait pas à s’occuper d’un nombre trop élevé de patients.

Nous demandons donc au Gouvernement de débloquer, immédiatement, les enveloppes budgétaires nécessaires pour le recrutement de personnels soignants afin que l’hôpital puisse faire face à l’afflux anticipé de patients dans un état grave, et que les personnels n’aient pas l’épuisement comme seule reconnaissance à leur engagement admirable. Ces recrutements sont l’une des priorités de la semaine qui s’ouvre.

Question au Gouvernement Valérie Rabault à l’Assemblée nationale https://www.facebook.com/socialistesAN/videos/1544612475693857/

Intervention en commission de Valérie Rabault
https://www.facebook.com/socialistesAN/videos/2022943801185681/