Aujourd’hui, la France compte 300 000 jeunes suivis par les services Aide Sociale à l’Enfance des départements. Lorsque ces jeunes deviennent majeurs, la loi n’impose pas qu’ils bénéficient de suivi, même si bien souvent ils se retrouvent dans une précarité qui les abîme.
Le suivi qui peut être proposé est à la discrétion des départements.

  • C’est ainsi que, par exemple, le Gers propose aux jeunes qui sortent de l’ASE 450 euros par mois, payés sur le budget du département. D’autres départements agissent également pour assurer un suivi.
  • Au total, seuls 20 000 jeunes âgés de 18 à 21 ans bénéficient d’un Contrat Jeune Majeur. 

Face à cette situation, la majorité a inimitablement proposé que les départements soient obligés de proposer un Contrat Jeune Majeur au jeune qui sort de l’ASE sous réserve que ce dernier réponde à 5 critères. Le coût induit par cela aurait été compensé aux Conseils départementaux.

Nous étions d’accord avec cette proposition et l’avions votée en commission.

Nous avions également soutenu ces avancées dans une tribune publiée lundi dans Libération.

Mais en séance, le Gouvernement et sa majorité ont changé d’avis.

  • Ainsi, le président du conseil départemental devra seulement informer le jeune qu’il peut bénéficier d’un Contrat Jeune Majeur qui s’appellera désormais le Contrat d’Accès à l’Autonomie.
  • La condition est d’avoir été à l’ASE pendant 18 mois, entre l’âge de 16 et de 18 ans.
  • Il n’y aura plus de compensation du surcoût aux conseils départementaux.

Face à une telle volte face, tous les groupes de gauche ont voté contre cette proposition. Les associations de protection de l’enfance et collectifs d’anciens enfants placés sont montés au créneau.

Voir la vidéo explicative de Gisèle BIEMOURET