Après que des centaines de milliers de manifestants aient depuis le 5 décembre, manifesté semaine après semaine dans la rue, pour dire leur refus de cette réforme, après que la demande de retrait du texte de loi grossisse semaine après semaine (61% le 22 janvier), c’est maintenant au Conseil d’Etat de prononcer un avis négatif sur cette réforme. La plus haute juridiction administrative pointe la précipitation dans laquelle elle se déroule, critique l’étude d’impact, met en lumière les projections financières « lacunaires », déplore le recours aux ordonnances « qui fait perdre de la visibilité d’ensemble ».

Il dresse aussi un réquisitoire sévère contre le principe même d’universalité si cher à Emmanuel Macron et qui n’est pas respecté puisque le texte crée “cinq régimes”, avec “à l’intérieur de chacun de ces régimes” des “règles dérogatoires à celles du système universel”.

Neutre et indépendant, le Conseil d’Etat donne ainsi raison à celles et ceux qui, depuis longtemps, pointent les manquements graves du projet de loi. L’avis du Conseil d’Etat vient à point nommé à la veille de la discussion du texte en commission à l’Assemblée nationale. C’est dans ce contexte, qu’avec mes collègues députés du groupe socialiste nous nous apprêtons à livrer bataille contre ce projet injuste.

Courrier Président AN Richard Ferrand – projet de loi instituant un système universel de retraite 26012020