On nous avait promis une grande loi républicaine, c’est une loi de manchot !

  • Le bel équilibre entre l’ordre et les promesses du discours des Mureaux s’est envolé. Comme souvent sous cette mandature, lorsqu’on passe des paroles aux actes, il ne reste que la main droite, celle de l’ordre, mais plus la main gauche, celle de l’émancipation. Il n’y a rien sur ce qui fait vivre la République en actes !
  • Sur la lutte contre les discriminations, pas un mot, sur la lutte contre la mixité sociale à l’école, pas un mot et pas un acte depuis trois ans, sur la politique de l’habitat, sur la mixité sociale dans le logement, pas un mot, sur l’accès aux services publics, sur l’égalité des chances, sur les mémoires partagées, sur la parentalité… pas un mot ! 

 

On nous avait promis une grande loi de liberté, c’est une loi de contraintes !

  • Si certaines des dispositions du texte ont notre faveur, comme celles relatives au respect de la laïcité et à la neutralité du service public, à la protection fonctionnelle des agents, au contrôle des financements étrangers des associations cultuelles ou au contrôle des établissements hors contrat, si nous réprouvons les certificats de virginité, le mariage forcé ou la polygamie…
  • ce projet de loi fait de la République une injonction, de ses principes, des règles, des interdits. Selon le décompte de la Défenseure des droits, plus d’un tiers des articles de ce texte instaure des procédures de contrôle et plus d’un quart définit des peines d’emprisonnement. Nous ne sommes pas naïfs, mais nous sommes vigilants. Nous savons que l’ordre républicain placé entre de mauvaises mains peut conduire au désordre.

 

On nous avait promis une grande loi contre le séparatisme, c’est une loi pour rien !

  • Comment s’assurer de l’interdiction du certificat de virginité puisque personne ne viendra jamais revendiquer qu’il a enfreint la loi ? Comment prétendre lutter contre la polygamie en refusant à la seconde épouse le bénéfice d’une pension de reversion quand demeurent treize conventions internationales de sécurité sociale l’autorisant ? Comment s’assurer de ramener les enfants éloignés dans le giron de la République en se focalisant sur l’instruction en famille tout en maintenant l’existence d’établissements hors contrat ?
  • Nous légiférons, mais dans quel but ? S’agit-il de lutter contre le terrorisme ? Contre l’islamisme ? Contre le séparatisme ? Tout cela à la fois ? Ou rien de cela du tout ? Et à quoi va servir cette loi ? Vivrons-nous mieux ensemble demain ? Aurons-nous fait reculer l’obscurantisme et le séparatisme ? Les Français seront-ils mieux protégés ? Nous ne le croyons pas. Cette loi est une immense déception.