L’inquiétude grandit au regard du taux d’incidence en France qui augmente très rapidement. Désormais, 39 départements ont un taux d’incidence supérieur au seuil d’alerte, fixé à 50 cas pour 100 000 habitants.

Si le nombre de prises de rendez-vous pour se faire vacciner augmente chaque jour depuis les annonces du Président de la République, la réponse que le gouvernement apporte (à travers son projet de loi examiné cette semaine au Parlement) n’est pas la bonne.

Se vacciner, c’est protéger sa santé et sa liberté, et c’est aussi protéger la santé et la liberté des autres. C’est pour cela que, face à la progression du variant qui fait peser le risque de reconfinement, il nous paraît important de franchir une nouvelle étape.

Avec nos collègues sénateurs socialistes, nous proposons la vaccination obligatoire contre le Covid, sauf contre-indication médicale. Cette vaccination progressive doit s’inscrire dans une démarche pédagogique et positive, une démarche de lutte contre les inégalités. A ce jour, des territoires de notre pays ont deux fois moins de personnes vaccinées que d’autres. C’est donc cette priorité que doit avoir le Gouvernement : lutter contre les inégalités de santé. Cela suppose que l’Etat et l’assurance maladie puissent déployer tout au long de l’été des moyens suffisants auprès de nos concitoyens qui sont aujourd’hui les plus éloignés de la vaccination, et en particulier les plus de 75 ans et personnes à risque.

Les parlementaires socialistes sont clairement pour la vaccination obligatoire et regrettent que le retard pris en la matière ne se rattrape malheureusement pas et conduise le Gouvernement, aujourd’hui, à inventer des solutions bancales qui crispent la société.

Au premier rang de ces solutions bancales, il y a le passe sanitaire dont les modalités ne sont pas applicables et acceptables.

On ne peut en effet sanctionner les Français qui ne seraient pas vaccinés, si il n’y a pas de doses en nombre suffisant.

On ne peut imposer la vaccination aux soignants qu’à la seule condition que le Gouvernement soit en mesure de les vacciner et de leur proposer une première dose avant 18 août, afin qu’ils échappent aux sanctions dont l’application est prévue à partir du 15 septembre.

On ne peut demander aux restaurateurs, aux cafetiers, aux commerçants ou aux bénévoles qui organisent des manifestations d’assurer des contrôles pour lesquels ce n’est pas leur mission. Dans toute démocratie, ces contrôles incombent à l’Etat : nous refusons ce que propose le Gouvernement, c’est-à-dire que la moitié de la population contrôle l’autre moitié de la population !

En créant un passe sanitaire sans poser le principe d’une obligation vaccinale universelle, le gouvernement invente un mécanisme juridique chancelant : la sanction sans règle. Nous préférons à un mécanisme complexe, une règle simple : la vaccination obligatoire.

Depuis l’ouverture des débats parlementaires, nous défendons cette position de responsabilité qui vise à protéger la santé et la liberté de toutes et tous, sans transformer notre pays en un état de contrôle permanent.

Si, à l’issue des débats parlementaires, le gouvernement maintient l’extension du passe sanitaire telle qu’il l’a proposée, nous saisirons le Conseil constitutionnel.

Au-delà du pass sanitaire, sur la prorogation du régime dérogatoire de sortie de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 31 décembre 2021, nous demandons que le gouvernement revienne devant le Parlement avant cette date, afin d’adapter ce dispositif, qui restreint fortement les libertés d’aller et venir ainsi que les libertés individuelles, à l’évolution de la situation sanitaire, notamment à celle de la rentrée de septembre 2021.

Sur le régime renforcé de placement et de maintien en isolement, nous estimons ces mesures contraires à la Constitution et contre-productives, car elles risquent de conduire à une baisse du nombre de tests. Enfin, nous nous interrogeons sur le maintien à l’isolement des personnes vaccinées cas contact.

Nous sommes fermement opposés au licenciement du personnel soignant, faute de vaccination et interrogeons le Gouvernement sur les conséquences que pourraient avoir de telles mesures quand à la soutenabilité de notre système de santé déjà éreinté. De la même manière, nous nous opposons au licenciement des personnels des établissements concernés par le pass sanitaire, qui nous apparaît totalement disproportionné.

Nous regrettons que, une nouvelle fois, rien ne soit prévu pour la rentrée scolaire dans les écoles, collèges et lycées.

Enfin, nous condamnons fermement les comparaisons indignes entendues dans les manifestations et lues sur les réseaux sociaux. Aucune crainte, aucun doute, aucun désaccord ne saurait justifier ce genre de propos.

Les débats se poursuivent à l’Assemblée nationale et mon groupe est mobilisé pour défendre nos propositions et notre position.