Après l’assassinat de Stéphanie Monfermé et le meurtre d’Eric Masson, et dans un contexte d’agressions répétées contre les policiers dans l’exercice de leurs fonctions, le Parti Socialiste, ses groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat se rendront au rassemblement organisé par les syndicats de police mercredi devant l’Assemblée nationale :

  • Par cette participation, nous exprimerons notre attachement et notre soutien plein et entier à la police républicaine. Nous nous associerons aux revendications portant sur l’amélioration des conditions de travail des policiers et des forces de l’ordre.
  • Nous réaffirmons la nécessité que notre État de droit réponde efficacement aux violences qui frappent les forces de l’ordre et, plus généralement, l’ensemble de celles et ceux qui assurent un service public auprès de la population.
  • Mais nous ne répondrons pas à ces violences par une opposition stérile entre police et justice. Pourquoi la justice n’a-t-elle jamais été pleinement associée au “Beauvau de la sécurité” ? De la même manière le concours Lépine de la nouvelle mesure pour renforcer notre arsenal pénal ne sert à rien alors que les lois existantes peinent déjà à être appliquées ;
  • Pour répondre à ces violences, la police comme la justice ont besoin d’avoir les moyens pour fonctionner. C’est pour cela que, lors du précédent quinquennat, nous avons recruté près de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires après le terrible quinquennat de Nicolas Sarkozy pour la police et la justice (- 12 000 policiers et gendarmes) ;
  • C’est pour cela que depuis le début du quinquennat nous plaidons pour une augmentation du budget de la justice.

 

Enfin, nous redisons que s’interroger sur les raisons profondes de cette spirale de la violence, de cette banalisation de la violence, que nous constatons de plus en plus dans notre société, ce n’est pas du laxisme, c’est du réalisme.

  • Nous ne pouvons pas exclusivement aborder ce problème par le prisme policier et pénal. Il s’agit évidemment de volets fondamentaux. Mais on a tendance à se focaliser là-dessus et à moins s’interroger sur les causes profondes. Ce qui est finalement un renoncement. Nous devons faire du préventif et du curatif.
  • La réponse est aussi éducative, ce sont les moyens de l’école, la mixité sociale dans les établissements scolaires, ce sont les services publics, ce sont les éducateurs spécialisés…Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, il s’agit d’apporter des réponses sur tous les terrains. La violence de certains jeunes, c’est d’abord un échec des adultes qui laissent ces problèmes se reproduire de génération en génération dans certains quartiers.
  • Gérald Darmanin, alors Ministre du Budget, a supprimé des dizaines de milliers d’emplois dans les quartiers populaires. Ce sont des adultes respectés de tous qui parfois prenaient le relais des parents, et notamment des mamans, absents parce qu’ils cumulent souvent plusieurs petits jobs. Cette décision a eu des conséquences sur le terrain, que les policiers et nous tous payons aujourd’hui.