Explication de vote de Christine Pires Beaune pour le Groupe Socialistes et apparentés

L’examen du projet de loi de finances et son vote sont toujours un moment particulier lors d’une session parlementaire. Cette année plus qu’une autre, puisqu’il s’agit du dernier budget de ce quinquennat soumis au Parlement. On peut donc tirer les enseignements pour ne pas dire les leçons, de la politique menée depuis 2017 par ce gouvernement.

Un gouvernement qui ne respecte pas le Parlement :

  • Nous avons fait un peu d’archéologie parlementaire, et pour autant qu’on ait pu remonter les archives, nous avons assisté à un record d’amendements du Gouvernement : 149, c’est la moitié des 304 amendements adoptés, hors rédactionnels. A côté, les 42 amendements adoptés de toutes les oppositions réunies, dont 14 socialistes, semblent peu de choses…
  • Autre record : celui de l’amendement le plus cher de l’histoire, 34 milliards d’euros, un détail. Un détail, qui vient sans détail : un amendement déposé entre la poire et le fromage, sans étude d’impact, sans justification au premier euro, sans indicateur de performance, rien. Rien qui permette au parlement d’exercer correctement son rôle de contrôle. Où va-t-on ?

Un gouvernement qui mène une politique injuste :

  • Ce budget perpétue les erreurs des années précédentes. Comme ce quinquennat, il ne repose que sur une jambe, celle du soutien immodéré aux entreprises et aux plus fortunés, avec 25 milliards de baisse d’impôts chaque année, essentiellement sur les plus riches, notamment avec la baisse des impôts de production, de l’impôt sur les sociétés, la suppression de l’ISF ou la flat tax ;
  • Oui, Emmanuel Macron est le Président des riches. La majorité évoque souvent le graphique sur la variation du niveau de vie. Sa méthodologie trompeuse a été amplement détricotée par de multiples études : en vérité, les 10% les plus riches ont pris 22% des gains de pouvoir d’achat, deux fois plus que leur part. Les 60% les plus pauvres n’ont pris que 43%.
  • Elle évoque aussi une récente publication de l’INSEE. Mais si la majorité l’avait lue au-delà de son titre, elle saurait qu’elle dit en réalité que, s’il n’y a certes pas plus de pauvres, ceux qui l’étaient le sont plus qu’avant. Elle saurait que cette publication indique que si le nombre de pauvres semble stable entre 2019 et aujourd’hui, il a augmenté entre 2017 et 2019.

On en voit les conséquences sociales chaque jour dans les soupes populaires, dans les maraudes, mais aussi dans les centres d’action sociale, dans les associations, dans les tribunaux, dans les cabinets médicaux, où l’on voit maintenant même des classes moyennes confrontées à la galère, à la précarité, ou à la misère économique et sociale.

Nous avons voté contre ce budget du gouvernement.