Alors que les annonces de licenciements et de plan sociaux se multiplient, le Gouvernement ne peut plus se satisfaire de mesures d’urgence prises sans articulation générale. De nombreux pays européens sont actuellement en train de mettre en œuvre leurs plans de relance.

  • Nous avons été en retard sur la crise sanitaire, nous ne devons pas être un retard sur la crise économique et sociale. De la rapidité de la relance dépendra le coût économique, social et environnemental, mais aussi politique, de la crise.
  • Le PLFR 3 que l’Assemblée nationale commence à examiner est l’expression de cette politique sans vision, il est constitué de mesures d’urgence relevant soit de plans sectoriels (plan tourisme, plan collectivités…), soit de la révision à la hausse de crédits accordés à certains dispositifs (fonds de solidarité aux entreprises, chômage partiel…).
  • Il y a donc urgence à agir. C’est pour cela que dès le 9 juin nous avons présenté notre plan de rebond économique social et écologique. 45 propositions claires et concrètes à mettre en oeuvre dès maintenant.

Parce que notre pays ne peut pas attendre, nous versons ces propositions au débat public et invitons le gouvernement à se saisir de ce plan et à agir sans délai, ici et maintenant.

  • Dès maintenant, nous devons répondre aux premières victimes de la crise. À celles et ceux qui n’ont pas pu se nourrir à leur faim ou peinent à payer leurs loyers, comme à celles et ceux qui redoutent de ne pouvoir retrouver un emploi ou craignent de le perdre. Répondre à tous ces jeunes que les circonstances risquent de faire basculer dans une plus grande précarité encore, alors que nombre d’entre eux se présentent sur le marché du travail.
  • Dès maintenant, nous devons mettre les territoires en première ligne de la transition écologique de notre pays pour inventer de nouvelles façons de produire, de se nourrir, d’habiter, de se déplacer… Préfigurer un nouvel acte de la décentralisation fondé sur la confiance dans les collectivités territoriales, chefs d’orchestre de la grande transformation de notre société.
  • Dès maintenant, nous devons soutenir nos entreprises, premiers moteurs de notre économie et acteurs du changement. Nos petites et moyennes entreprises sont asphyxiées et nos grandes entreprises fragilisées. Elles ne peuvent pas attendre. Un nouvel équilibre entre la puissance publique et privée doit permettre à l’entreprise de contribuer pleinement à la relance économique et écologique.

Enfin, dès maintenant, nous devons suivre le chemin tracé par nos premiers de tranchée, infirmières ou caissières. Les applaudir à 20 heures ou leur distribuer des médailles est une reconnaissance du cœur, elle ne saurait suffire et doit nous conduire à reconsidérer durablement la hiérarchie de nos valeurs et de nos priorités.

  • La crise de l’hôpital et des EHPAD précède la pandémie, après deux décennies durant lesquelles l’hôpital public et les personnels soignants ont consenti des efforts considérables.
  • Le diagnostic est désormais connu, nous avons atteint un point de rupture qui appelle des mesures d’urgence et des réformes structurelles d’ici l’été. Après le fiasco des primes – nous pensons notamment aux aides à domicile, pour qui le gouvernement ne tient pas ses promesses – nous serons plus que jamais vigilants.

En octobre 2019, alors que la grève des hôpitaux durait depuis des mois, les parlementaires socialistes avaient proposé un plan d’urgence dont les principales mesures demeurent d’actualité :

  • Augmenter la rémunération des soignants pour faire converger les salaires vers les niveaux moyens pratiqués dans les pays de l’OCDE ; Les personnels soignants demandaient une augmentation mensuelle de 300 euros. C’est une demande légitime au regard de la modération salariale imposée depuis plusieurs années et des conditions de travail. C’est un objectif impératif pour rétablir l’attractivité de ces métiers dont nous avons toutes et tous éminemment besoin.
  • Mettre fin aux réductions de personnels dans les hôpitaux et prendre des engagements clairs et chiffrés en terme de créations de postes et de nombre de soignants au lit du malade. Nous proposons de renoncer au ratio 1/15 (ratio d’un infirmier et d’un aide-soignant pour 15 malades), aberrant et destructeur, afin de tenir compte des réalités sanitaires et humaines dans chaque établissement. Dans l’immédiat, nous proposons d’appliquer une règle simple : « zéro suppression de poste au lit du malade ».

Voilà quelques mesures urgentes et rapides à prendre, nous n’avons pas besoin de longues allocutions télévisées précédées d’interminables indiscrets dans la presse, nous avons besoins d’actes forts et concrets !