La crise sanitaire qui perdure lors de cette rentrée doit nous pousser à nous interroger sur le mode de fonctionnement de notre société. Une société qui doit être plus juste, plus équitable, plus solidaire, plus attentive à l’environnement. Nous avons été nombreux à applaudir le travail remarquable des soignants, du personnel des EHPAD pendant la période de confinement. Il ne s’agit pas aujourd’hui d’oublier cela comme nous ne devons pas oublier ceux qui ont assuré le bon fonctionnement de notre quotidien : les caissières, le personnel de sécurité, les enseignants, les routiers… Une reconnaissance de la nation s’impose. Des efforts doivent être consentis notamment en matière de hausse de salaire.

Le plan de relance du gouvernement s’attache pour l’essentiel à aider les entreprises. C’est une bonne chose mais il faut être vigilant à ce que cet argent ne serve pas à permettre des suppressions d’emplois comme à Air France. L’explosion possible du nombre de demandeurs d’emplois du fait de la crise sanitaire doit nous questionner sur les contreparties fortes que les entreprises doivent lorsqu’elles sont soutenues grâce à l’argent public.

Après trois mois de tergiversations, le gouvernement s’est enfin décidé à présenter son plan de relance !

  • Il est positif que des plans de relance importants soient mis sur la table, que cela soit en France ou en Europe. En juillet nous avions salué le plan de 750 milliards d’euros de l’Union européenne.
  • Néanmoins, plusieurs Etats avaient présenté leur plan de relance dès le mois de juin, nous pensons notamment à l’Allemagne. En prenant son temps, alors que des plans sociaux se succédaient, le gouvernement a fait perdre du temps à la France et aux Français.
  • Parce qu’il y avait urgence nous avons, nous, présenté dès le 9 juin dernier notre plan de rebond économique, sociale et écologique. Notre plan de rebond c’est 45 propositions concrètes chiffrées à 130 milliards d’euros. Et vraiment 130 milliards d’euros.
  • Quel est le montant réel du plan de relance ? 100 milliards, vraiment ? Si on soustrait les milliards comptés deux fois (baisse des impôts de production), les milliards déjà annoncés (plans automobile et aéronautique, programme d’investissement d’avenir) et les milliards du plan de relance européen, on est bien loin du montant affiché !

Au-delà du montant, le plan de relance du gouvernement est un plan d’insuffisances !

  • Il est insuffisant sur le plan social
    • Malgré nos alertes répétées, le gouvernement refuse obstinément de soutenir le pouvoir d’achat des Français qui a été amputé par la crise. Le pouvoir d’achat des ménages a connu au 2ème trimestre 2020 sa plus forte baisse depuis 1949, ce qui explique une partie la baisse de la consommation intérieure. Malheureusement, le soutien aux personnes les plus précaires représente 0,8% du montant total du plan de relance !!!
    • Comme ce que fait l’Allemagne, nous proposons une relance par la consommation, nous voulons inciter les français à consommer local et durable et pas seulement aider les entreprises. C’est le sens de notre proposition de “chèque rebond”, d’un montant de 300 à 700 euros qui pourrait être versée aux Français les plus pauvres. C’est aussi une proposition des syndicats et des associations.
    • Le gouvernement d’Emmanuel Macron fait la même erreur que celui de Nicolas Sarkozy en 2008, c’est un plan unijambiste. Sans cette relance par la consommation, nous ne pourrons pas créer assez d’emplois. Alors que nous craignons que la suppression de 800 000 emplois cette année, le gouvernement se fixe l’objectif de créer 160 000 emplois en 2021. Pour rappel, ce sont plus de 260 000 postes qui ont été créés en 2019 ! Cet objectif du gouvernement est pour le coup “à la hauteur” des moyens qu’il s’est donné : insuffisant.
    • Enfin, nous le savons, la jeunesse sera la première victime de la crise. Malgré les grands discours, les réponses du gouvernement sont insuffisantes pour tous ces jeunes qui se retrouveront sans emploi, sans ressources et sans aides de leurs parents. Pour faire face à la précarité grandissante de notre jeunesse, nous proposons la mise en place d’une allocation individuelle d’émancipation pour tous à 18 ans : AILE(S).
  • Il est insuffisant sur le plan de la justice et de l’équité
    • Le gouvernement va apporter une aide massive aux entreprises, notamment via la baisse des impôts de production. C’est utile. Mais au regard de la mobilisation massive de la puissance publique, nous proposons le conditionnement de toutes les aides de l’État à un comportement éthique des grandes entreprises : non versement de dividendes, respect des enjeux environnementaux, non établissement dans un paradis fiscal…
    • De plus qui va payer ce plan de relance ? Aujourd’hui, le gouvernement fait reposer tous les efforts sur la dette. Nous estimons que vu la gravité de la situation, il doit y avoir une contribution des plus aisés. Cela passe par le rétablissement de l’ISF, la suppression de la flat tax ou un prélèvement exceptionnel sur l’assurance-vie.
  • Il est insuffisant sur le plan écologique et de la préparation de l’avenir
    • S’agissant de la rénovation thermique des logements, le gouvernement annonce 2 milliards d’euros en plus pour le dispositif « MaPrimeRénov’ » sur 2021- 2022. C’est bien trop peu pour rénover les 7 millions de passoires énergétiques en France ! Nous avons proposé créer une « prime pour le climat » qui vise à investir 6 milliards d’euros par an en 30 ans, c’est la seule manière d’éliminer les passoires thermiques en 10 ans, de sortir 12 millions de personnes de la précarité énergétique et de créer des emplois non délocalisables !
    • Alors qu’un haut-commissaire au Plan vient d’être nommé, nous ne percevons aucune stratégie économique et industrielle dans le plan de relance du gouvernement. La stratégie d’intervention de l’Etat en fonds propres est nécessaire mais elle n’est pas suffisante. Le gouvernement aurait dû envisager des interventions en subvention et des abandons définitifs de créances fiscales et sociales pour sauver nos PME. Par ailleurs, la commande publique est insuffisamment mobilisée pour venir en soutien de l’industrie made in France.
    • Ce plan de relance aurait dû enfin permettre à notre pays de suivre le chemin tracé par nos premiers de tranchée,  infirmières  ou  caissières, nous conduire à reconsidérer durablement la hiérarchie de  nos  valeurs  et  de  nos  priorités.  La  lutte  contre  les  inégalités, la   prise   en   compte   de   l’utilité   sociale   comme  le  soutien  aux  services  publics,  ou l’investissement dans la recherche et la connaissance sont totalement absentes de ce plan de relance !

 

Notre plan de relance présenté en juin ci-dessous.