Discours de Valérie Rabault, Présidente du Groupe socialistes et apparentés suite à la Déclaration de politique générale du Premier Ministre le mercredi 15 juillet 2020

sa feuille de route devant la représentation nationale cet après-midi. Nous n’avons pas accordé notre confiance au Premier ministre et à son gouvernement car ils ne la méritent pas.

  • Le Président de la République avait déjà parlé d’union nationale, le Premier ministre promet aujourd’hui de la « concertation ». Mais cela ne se décrète pas, cela se construit !
    • Les groupes d’opposition n’ont pas attendu le discours du Premier ministre pour faire des propositions, la semaine dernière encore dans le cadre des débats sur le budget rectificatif elles ont toutes été balayées par la majorité et le nouveau gouvernement !
    • Il y a un an l’ancien Premier ministre promettait déjà plus de concertation et de dialogue. Le résultat ? La réforme de l’assurance-chômage contre l’avis des partenaires sociaux et une réforme des retraites qui s’est conclue par le 49.3.
  • Le Premier ministre a annoncé que le plan de relance était reporté à début septembre. Mais il y a urgence, chaque jour perdu accroît la facture et la fracture !
    • Parce que notre pays ne peut pas attendre, nous avons présenté le 9 juin notre plan de rebond économique social et écologique. 45 propositions claires et concrètes à mettre en œuvre dès maintenant. Un plan de 130 milliards d’euros comme le gouvernement allemand !
    • Malheureusement, la déclaration du Premier ministre ne contenait aucune proposition innovante, susceptible de donner l’élan que notre pays attend. Surtout, elle ne se nourrit pas de ce qu’ont déjà pu proposer les oppositions, notamment la prime pour le climat proposée par les députés socialistes et apparentés.
  • La politique présentée par le Premier ministre reste injuste, à l’image de celle menée par la majorité depuis le début du quinquennat ! Il devait y avoir un tournant mais c’est un virage en ligne droite !
    • Le gouvernement refuse toujours d’interdire par la loi aux entreprises aidées par l’Etat de verser des dividendes. Nous nous proposons de poser quatre conditions au versement des aides publiques : le non-versement de dividendes, la non-détention d’actifs dans les paradis fiscaux, le respect des accords de Paris et l’établissement d’un plan de vigilance.
    • Le gouvernement refuse de mettre les plus aisés à contribution. Aujourd’hui, le gouvernement fait reposer tous les efforts sur la dette. Nous estimons que vu la gravité de la situation, il doit y avoir une contribution des plus aisés. Cela passe par le rétablissement de l’ISF et la suppression de la flat tax.

Ce discours du Premier ministre est dans la continuité des interventions du Président de la République. On nous promettait un « nouveau chemin », des « mesures de rupture », une « réinvention », mais on a l’impression que tout continue comme avant, avec quelques « rustines » !

Nos institutions sont bloquées depuis trois semaines en l’attente de ce nouveau gouvernement et de cette déclaration de politique générale. Et il doit encore y avoir la nomination des Secrétaires d’Etat en fin de semaine ! A l’évidence, le résultat n’est pas à la hauteur de l’attente !