“Bonjour,

Je fais suite à votre mail et à votre échange avec mon collaborateur au sujet du projet AMAZON.

Comme dans tout dossier et toute décision à prendre, il faut toujours faire en amont l’analyse des éléments positifs et négatifs qui fait que la balance penche plus d’un côté que de l’autre. Dans le dossier de l’implantation d’Amazon à Moult-Chicheboville, la balance penche définitivement, et sans surprise, du côté négatif.

Le projet du géant américain du commerce en ligne AMAZON sur ce territoire de la commune de Moult-Chicheboville, comme sur n’importe quel autre en France ou dans le monde, répond au développement d’un modèle économique, social et écologique que je ne partage pas. Mes divergences sont nombreuses.

Il y a d’abord les conditions de travail des salariés, dénoncées régulièrement depuis des années par les syndicats. Il existe une véritable déshumanisation des tâches à effectuer. L’inspection du travail a même mis en évidence, dans un rapport, la dangerosité d’un site pour les salariés.

Dans le domaine de l’emploi, le bilan n’est pas plus satisfaisant. On sait désormais qu’un emploi créé par AMAZON génère la destruction de deux emplois dans l’économie traditionnelle.

Le constat est tout aussi négatif si l’on s’attache à analyser l’empreinte carbone de l’activité d’AMAZON. Dans un contexte où nous cherchons, à l’échelle nationale et mondiale, à diminuer l’impact écologique de l’activité, le modèle sur lequel repose AMAZON avec ses camions roulant de jour et de nuit va à l’encontre de cet objectif.

Enfin sur le plan de la fiscalité, ce GAFA ne veut pas contribuer à la hauteur de ses résultats économiques, alors que son créateur, JEFF BEZOS, reste de loin la plus grande fortune du monde et qu’AMAZON a multiplié par deux ses bénéfices en 2020 (5,2 milliards) grâce à la crise sanitaire.  Il est inconcevable que cette entreprise utilise tous les subterfuges possibles pour payer le moins d’impôt possible en France.

Face à un tel constat, il n’est pas possible de se retrancher à l’échelon local derrière le fait que l’ensemble de ces points ne relève pas des compétences des communes pour justifier l’implantation d’AMAZON sur un territoire dont les élus locaux ont la charge. Ne rien dire, ne rien entendre, ne rien voir n’est pas une position tenable, lorsque sur le plan social, écologique et fiscal, un projet est condamnable.

Il existe toujours la possibilité de dire non, de s’opposer à un modèle économique comme celui d’AMAZON qui, le plus souvent, met uniquement en avant la création d’emplois, souvent modeste, pour s’implanter et oublie les côtés plus obscurs de son modèle économique.

Ce mail peut, si vous le souhaitez, être rendu public.

Cordialement”