A l’heure où les négociations sur la prochaine politique agricole commune pour les années 2021 à 2027 sont engagées, nous avons pris l’initiative d’organiser un débat sur la stratégie de la France pour la nouvelle politique agricole commune.

  • Ce débat était important car, contrairement à d’autres pays européens comme l’Allemagne, la stratégie de la France pour la nouvelle politique agricole commune n’est pas définie avec les parlementaires mais seulement par le gouvernement.
  • En 2013, lors des négociations sur la précédente politique agricole commune, une mission d’information avait été créée à l’Assemblée nationale permettant d’éclairer les parlementaires. La majorité n’en a pas créé une cette année malheureusement.

Après avoir regretté ce déficit démocratique, Dominique Potier a rappelé deux enjeux importants pour nous :

  • Le premier enjeu c’est celui de l’environnement. La décennie qui vient sera décisive dans la lutte contre le changement climatique. Autour des sols, de leur santé, de leur résilience, de leur capacité à capter le carbone et à assurer une biodiversité se jouer un quart des enjeux climatiques. La nouvelle PAC devra prendre la pleine mesure de ce défi.
  • Le deuxième enjeu c’est celui de l’alimentation. Avec une dizaine de milliards d’habitants sur la planète à l’horizon de 2050, comment assurer la sécurité alimentaire collective des uns et des autres ? Nous proposons d’instaurer autour de la Méditerranée, avec l’Afrique notamment, des échanges solidaires et justes au lieu de conclure des traités absurdes comme l’accord économique et commercial global, le CETA.
  • Le troisième enjeu c’est celui du renouvellement des générations. Au cours de cette décennie, entre un paysan sur deux et un paysan sur trois, partira pour une juste retraite que nos combats législatifs ont un peu contribué à revaloriser. Pour assurer une relève, il faut partager le foncier. Sur ce point, la proposition de réforme qui sera débattue fin mai en séance n’est pas à la hauteur des enjeux. 
  • Le quatrième enjeu c’est celui des prix et des revenus. Il convient de favoriser, y compris par les aides de la politique agricole commune, comme cela a été fait dans la filière ovine, la constitution d’associations, d’organisations de producteurs capables de favoriser la conclusion de contrats pluripartites et pluriannuels entre fournisseurs, industriels et transformateurs, car de telles pratiques ouvrent des horizons qui évitent la dégradation des prix. 

 Intervention de Dominique Potier 
 Député de Meurthe-et-Moselle 

Enfin, nous souhaitons que la nouvelle PAC prenne en compte les besoins des petits agriculteurs, les paysans, les maraichers, et l’ensemble des petites structures qui sont jusqu’ici tenus éloignées des débats. Les défis à relever sont trop importants pour que cette PAC les laisse sur le bord du chemin.   

Sur ce même sujet, lors de la séance des questions au gouvernement du 11 mai, Chantal Jourdan a interrogé le gouvernement sur l’agroforesterie :

  • Pendant de nombreuses années, notre pays s’est tourné vers une agriculture agro-industrielle qui a conduit à la destruction d’un grand nombre de haies et de vergers. Les arbres et haies jouent un rôle capital dans la lutte contre l’érosion des sols, pour la reconquête de la qualité de l’eau, la retenue des intrants et la captation du carbone, et répondent à l’impératif de lutte contre le réchauffement climatique. 
  • Le plan de relance a consacré plusieurs millions d’euros à ce sujet, ce qui est à saluer. Mais des signaux forts sont attendus dans la prochaine PAC : des financements pour permettre aux agriculteurs de maintenir ce patrimoine qu’ils ont entretenu jusqu’à présent et des financements pour inciter les agriculteurs à replanter.