La crise sanitaire que nous traversons a levé le voile sur les insuffisances de notre système de santé et sur l’inadaptation de choix parfois validés même antérieurement à celle-ci.

C’est le cas du projet de reconstruction du CHU de CAEN, arrêté en 2015 avec une réduction capacitaire de 200 lits.

Si, à l’époque, cette réduction envisagée sur la période 2016-2026 semblait délicate mais envisageable avec une réorganisation nécessaire, aujourd’hui elle semble impossible à mettre en oeuvre malgré les efforts de la communauté médicale et administrative.

En effet, avant même l’arrivée de la crise du COVID-19 et en 4 ans, il n’a pas été possible à l’établissement d’entamer la réduction de lits. Il est, par ailleurs, confronté avec le capacitaire actuel à de grandes difficultés d’organisation en médecine, des délais trop longs de prise en charge des patients, des temps prolongés de passage aux urgences, des difficultés à faire des admissions directes induisant des hospitalisations dans des secteurs inappropriés.

Pour faire face à la crise du COVID-19, la déprogrammation totale et exceptionnelle de toutes les activités non indispensables a libéré environ 200 lits d’hospitalisation conventionnelle. 200 lits indispensables à l’activité normale et aux besoins du bassin de population du CHU.

L’établissement, avec la réduction de lits envisagée dans le projet de reconstruction, serait dans l’incapacité de faire face à une crise sanitaire aïgue (notre région est en effet peu touchée par le COVID-19), mais aussi de répondre aux besoins de la population en matière de soins.

Face à ce constat et aux échanges avec le collectif inter-hôpitaux du CHU de Caen j’ai proposé aux parlementaires du Calvados de nous unir pour demander au Ministre de la santé de revenir sur la baisse de 200 lits programmée.

Corine FERET et Sonia DE LA PROVOTE, Sénatrices, Fabrice LE VIGOUREUX et Alain TOURRET, Députés se sont joints à mon initiative.

Nous avons sollicité le réexamen du dossier de reconstruction du CHU de Caen et, spécifiquement, sa dotation en lits.

La crise du COVID 19 nous a démontré avec violence l’inadaptation de notre système de soins. Elle nous oblige à revoir l’organisation du service public de santé afin qu’il réponde aux besoins des populations.

J’interrogerai, par ailleurs, directement le Ministre en séance mardi 19 mai à ce sujet.

Prendre connaissance du courrier envoyé à Olivier VERAN