Depuis le début du débat sur la réforme des retraites, le gouvernement refuse d’abattre ses cartes et de lever le flou sur ses intentions :

  • Le gouvernement a tout d’abord missionné en septembre 2017 un haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, afin de lui remettre un rapport de préfiguration de la réforme. Lors de la remise de ce rapport, en juin, qui proposait un « âge pivot » à 64 ans, le gouvernement a bien pris soin de préciser que celui-ci ne l’engageait pas…pour ensuite engager Jean-Paul Delevoye au gouvernement quelques semaines plus tard !
  • Ces dernières semaines, nous avons assisté à une passe d’armes entre le Premier ministre et Jean-Paul Delevoye sur la « clause du grand père » et l’idée que la réforme des retraites ne s’appliquerait qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail afin de calmer la grogne. Le haut-commissaire est rentré dans le rang, mais on ne sait toujours pas à partir de quand sera appliquée cette réforme !
  • Et cette semaine le Conseil d’orientation des retraites remet au gouvernement un rapport qui relance le débat sur l’augmentation de la durée du travail et défend l’idée d’une réforme strictement comptable à horizon 2025. Là encore le gouvernement se défaussera en assurant que ce rapport n’engage que le COR, tout en l’utilisant dans les prochains jours pour dénigrer la manifestation du 5 décembre.

Cela fait maintenant plus de deux ans que Jean-Paul Delevoye a été nommé haut-commissaire à la réforme des retraites et a lancé ce travail au nom du gouvernement, et on ne comprend toujours pas grand-chose aux intentions réelles du gouvernement !

  • On comprend bien que le Président de la République souhaite réformer pour réformer. A chaque fois que nous demandons des précisions sur l’âge pivot, la valeur du point ou à partir de quand la réforme sera appliquée, le gouvernement nous répond « Réforme, réforme, réforme » !
  • On devine de plus en plus que cette réforme sera exclusivement comptable et qu’elle conduira à ce que les Français travaillent plus longtemps. Les Français l’ont d’ailleurs bien compris et c’est pour ça qu’ils se mobilisent.
  • On regrette par contre que cette réforme n’évoque pas les grands sujets que sont la prise en compte des carrières longues ou la reconnaissance des métiers pénibles afin d’apporter des réponses aux inquiétudes légitimes des Français !

Nous comprenons la colère et l’appel à manifester des travailleurs jeudi 5 décembre prochain et nous les soutenons.