La rentrée des classes s’est faite à Hérouville Saint Clair comme partout ailleurs dans les conditions sanitaires visant à protéger enfants, enseignants et personnels. Ceci ne nous a pas empêchés d’assister à une présentation mardi, dernier par les élèves et les professeurs de l’école Simone Veil du dispositif « Musique à l’école ». Avec le Préfet du Calvados, le Directeur académique et le Maire, nous avons écouté les élèves jouer plusieurs morceaux de musique, fruit d’un travail tout au long de l’année 2019-2020 y compris pendant la période de confinement.

Du fait de l’épidémie, cette rentrée est hors norme à beaucoup de points de vue. Dans ce contexte, nous regrettons que les décisions de Jean-Michel Blanquer soient, la plupart du temps, prises sans concertation et au dernier moment, plaçant les enseignants, les parents et les élus devant le fait accompli.

Comme depuis le début de la crise sanitaire, nous sommes force de proposition et faisons au gouvernement quatre demandes pour réussir cette année scolaire :

  1. Nous demandons la gratuité des masques pour les collégiens et les lycéens. L’instruction est obligatoire et gratuite : si les masques sont obligatoires, alors ils doivent eux aussi être gratuits ! Le refus du gouvernement de fournir les masques gratuitement aux familles, tandis que nos voisins grecs ou italiens le font dès lors que le masque est obligatoire, a contraint les départements et les régions à pallier les choix gouvernementaux. C’est une mesure de santé publique et d’équité, l’accès aux masques et leur renouvellement ne doivent pas dépendre du pouvoir d’achat de chaque famille.
  2. Nous demandons un grand plan numérique pour l’école. La suspension des cours en présentiel à l’école a renvoyé les élèves face à leur situation personnelle et familiale, aggravant les inégalités sociales et territoriales et entraînant un fort taux de décrochage. Nous demandons au gouvernement de reprendre le « plan pour le numérique à l’école » lancé sous le précédent quinquennat, abandonné par le gouvernement actuel, qui prévoyait l’équipement des élèves et la formation des enseignants.
  3. Au-delà, nous demandons au gouvernement de s’attaquer résolument au traitement de la difficulté scolaire. Nous avons, dès le mois de juin, à travers notre plan de rebond pour l’école, posé dans le débat de nombreuses propositions : renforcement du réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté, différenciation pédagogique au sein des classes pour mieux suivre les élèves selon leur niveau, sécurisation du statut et de la formation continue des AESH auprès des élèves porteurs de handicap, renforcement des moyens alloués aux Rep et Rep+…
  4. Nous demandons des moyens supplémentaires pour les enseignants. Les besoins en postes et la nécessité de revaloriser les enseignants existaient avant la crise. Ils ont été accentués ces derniers mois, notamment dans le second degré. Le gouvernement a fait voter la suppression de 440 emplois alors qu’il faudra accueillir 30 000 élèves supplémentaires dans le secondaire, ce n’est pas acceptable ! De plus, le « Grenelle des professeurs » annoncé par le ministre Blanquer ne doit pas être une énième manœuvre dilatoire mais l’occasion de revaloriser enfin les carrières et les salaires des personnels de l’Éducation nationale.