Le Président de la République, lors de son allocution du 13 avril a décrété la date du 11 mai pour la reprise des écoles. Sans discussion, unilatéralement. L’ouverture a d’abord été envisagée pour les Grandes sections, CP et CM2, puis, depuis le discours du Premier Ministre, élargie à toutes les classes de primaire; les Collèges et les lycées, on verra; les étudiants restent chez eux… Ce choix du Gouvernement de réouvrir les écoles semble suivre des impératifs plus économiques que sociaux et s’est fait sans aucun fondement scientifique. Il va d’ailleurs à l’encontre de l’avis du Conseil scientifique du 20 avril. Ces annonces n’ont fait l’objet d’aucune concertation, avec personne, et laissent planer un lourd sentiment d’impréparation. Elles débouchent sur un dispositif difficile à mettre en pratique, anxiogène, laissant beaucoup de questions en suspens. Il incombe pourtant au Gouvernement la responsabilité de définir les conditions d’un cadre sanitaire sécurisé. Pour que ce cadre soit le plus pertinent possible, il devrait être défini en concertation avec les collectivités locales, qui doivent avoir le temps nécessaire pour le mettre en oeuvre. Comment faire ? Selon quel protocole sanitaire ? Les mairies ont reçu les 66 pages du vademecum le week-end du 2 mai pour une mise en oeuvre le 11 mai. Les enseignants doivent s’organiser avec les collectivités cette semaine et les parents sauront au plus tôt mercredi quel sera le dispositif d’accueil pour leur enfant. Alors qu’un temps de préparation est indispensable à une reprise dans de bonnes conditions pour la collecte du matériel, la réorganisation des rythmes scolaires, le nettoyage des locaux, la formation des enseignants et des équipes accompagnantes, l’information des parents et, le cas échéant, l’organisation du transport et de la restauration scolaire, le calendrier du Gouvernement est difficilement tenable. On ouvre les écoles quand on est prêts. Telle devrait être la logique et aucune autre. C’est au nom de cette logique que certains maires s’y refusent, ne s’estimant pas en capacité de répondre aux impératifs de sécurité sanitaire pour les enseignants, pour les personnels et, au premier chef, pour les enfants. Des syndicats enseignants et les fédérations de parents d’élèves s’en inquiètent aussi. A l’impossible, nul n’est tenu.