Les députés socialistes et apparentés, dont je fais partie, ont voté contre ce texte qui assimile l’antisionisme à l’antisémitisme en précisant que « critiquer l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs revient à exprimer une haine à l’égard de la communauté juive dans son ensemble ».

Il est bon de rappeler qu’Israël n’est pas « une collectivité composée de citoyens juifs ». Environ 20 % de la population d’Israël sont des palestiniens, dont la plupart sont musulmans ou chrétiens.

Par ailleurs l’antisionisme a une longue tradition, y compris en Israël. Certains juifs s’opposent au sionisme pour des raisons religieuses, d’autres pour des raisons politiques ou culturelles.

Il est donc inapproprié et totalement inexact d’identifier de manière générale antisémitisme et antisionisme.

Nous pensons également que l’antisémitisme doit être combattu sur des bases universelles, au même titre que d’autres formes de racisme, de haine et de discriminations. Les ennemis de la République doivent nous trouver unis du côté des victimes, quelles que soient leurs origines ou leurs religions.   

Faire voter une résolution spécifique sur la définition de l’antisémitisme posera à juste raison la question de la promotion de propositions de résolution relatives à d’autres formes de haine et de discrimination dans le cadre d’une compétition qui n’a pas lieu d’être.

 

La loi républicaine punit les discriminations fondées sur la religion, sans distinguer les religions, et il appartient au juge de discerner ce qui constitue ou non le paravent d’un appel à la haine. La Justice française a toute capacité à apprécier chaque fois que dernière le mot « sioniste » il faut entendre « juif ».

 

Si les politiques publiques en la matière demeurent perfectibles, c’est le renforcement des moyens mis en œuvre dont nous avons collectivement besoin, bien davantage que de proclamations de principes qui pourraient au demeurant attiser des tensions déjà trop exacerbées. 

 

L’ensemble de ces raisons nous ont amenés à voter contre la proposition de résolution, mais aussi à déposer une proposition de résolution visant à lutter contre toutes les formes de racisme, de haine et de discrimination et invitant le Gouvernement à mettre en œuvre tous les moyens permettant le respect effectif des lois de la République.

 

Nous avons aussi demandé la mise en place d’une mission d’information sur la permanence et l’évolution de toutes les formes de racisme, d’antisémitisme et de discriminations dans notre pays.