Conditionner le RSA à 15 ou à 20 heures d’activité comme le propose Emmanuel Macron, c’est tout d’abord faire une promesse aux dégâts sociaux graves.

  • 15 ou 20 heures d’activité pour 565 euros, cela revient à payer les allocataires 7 euros de l’heure. C’est l’équivalent du SMIC bulgare !
  • Et puis comme tous les revenus du foyer sont pris en compte dans le calcul du RSA, l’obligation de faire 15 à 20 heures d’activité va-t-elle s’appliquer aux 2 personnes du couple, même si l’un des 2 a déjà une activité professionnelle ? Aux mineurs de 16 ans vivant dans le foyer ?
  • Rappelons également qu’il y a treize fois plus de chômeurs que d’emplois vacants en France. Comment faire des heures d’activité quand il n’y a pas d’entreprises pour vous accueillir

Ensuite, conditionner le RSA à de l’insertion, c’est abandonner les allocataires dans le désert car ce Gouvernement a détruit les politiques publiques de l’insertion professionnelle.

  • Primo, ce Gouvernement a réduit les dépenses destinées à l’insertion professionnelle.
  • Secundo, il a divisé par 2,5 le nombre de contrats aidés depuis 2017. Dans chaque département, c’est plus de 1 800 contrats aidés supprimés en moyenne !
  • Tertio, ce Gouvernement a baissé les crédits de Pôle Emploi. En 5 ans, c’est plus de 1,2 milliard d’euros qui a été supprimé.

Comment peut-on sérieusement conditionner le RSA à des heures d’activité quand on supprime méticuleusement tous les moyens de l’État pour mieux insérer les allocataires ?

Enfin, conditionner le RSA, c’est insinuer que les allocataires sont des fraudeurs, alors qu’un ménage sur 3 ne le demande pas.

  • Rappelons également que la moitié des Français perçoivent une allocation : les allocations logement, les allocations familiales, le revenu de solidarité active, l’allocation personnalisée d’autonomie, l’allocation adulte handicapés…Et qu’en affirmant que l’allocation est la réponse des lâches, ce sont ces Français que l’on insulte !

Nous, nous avons défendu il y a 4 ans une proposition de loi pour expérimenter, pendant 2 ans, avant une éventuelle généralisation, la fusion du revenu de solidarité active (RSA) et de la prime d’activité, et le versement automatique de cette allocation fusionnée.

  • L’objectif était de mettre un terme à une complexité croissante entre certaines allocations et au taux important de non recours.
  • Ceci aurait été faisable grâce au système informatique du prélèvement à la source qui permet de connaître les revenus en temps réel, qui est actuellement utilisé pour prélever l’impôt sur le revenu. Ce système pourrait ainsi parfaitement fonctionner en sens inverse, c’est-à-dire pour le versement des prestations.
  • Ceci a été refusé par la majorité LREM. Nous découvrons aujourd’hui que le président-candidat envisagerait le versement automatique des allocations. Dans ce cas, pourquoi avoir attendu 4 ans ?

En cela, nous nous inscrivons pleinement dans les pas de l’ancien Premier ministre Michel Rocard qui fut l’inventeur du revenu minimum d’insertion (RMI) en 1988, pour concrétiser le « droit à une deuxième chance ». Il ajoutait que « la solidarité n’est pas la bonne conscience de la modernisation, elle est la condition de sa réussite parce qu’elle donne tout son sens au respect de l’autre, au respect de la dignité humaine ».