Commiqué de la gauche sociale et écologique au Parlement européen
6 février 2021

La pandémie que nous vivons aura agi comme un accélérateur et un révélateur des stratégies déployées par Sanofi : malgré des milliards d’argent public, le laboratoire ne privilégie plus la recherche et développement (R&D).

Pourtant, de façon totalement contre-intuitive, cet échec dramatique n’a pas empêché l’entreprise de publier de très bons résultats pour 2020. Un bénéfice net de 12,3 milliards d’euros, en augmentation de 340 %. Comment un tel résultat est-il possible ? Sanofi vit sur ses actifs, les brevets qui datent de l’époque où le laboratoire innovait en investissant dans la recherche et développement. Désormais, il a une stratégie financière double : spéculative avec des plans d’économies drastiques –et c’est un comble, des coupes dans les dépenses en matière de recherche – afin de pouvoir vivre de ses rentes tant que les brevets ne sont pas dans le domaine public, et des achats d’entreprises qui, elles, innovent en utilisant la force de frappe financière de l’entreprise. Tout aussi choquant est de constater les bénéfices colossaux que les actionnaires vont se partager au moment même où l’entreprise annonce la suppression de centaines de postes au sein de son entreprise, la fermeture d’un de ses sites et l’arrêt de nombreuses activités de recherche.

« Une telle stratégie qui privilégie le courtermisme et l’avidité n’est tout simplement pas acceptable à partir du moment où de l’argent public est utilisé », explique Sylvie Guillaume, présidente de la délégation de la gauche sociale et écologique. « L’argent public doit servir à protéger les citoyens, non pas à nourrir les bénéfices de quelques-uns au détriment de l’intérêt général ! Investir dans la recherche, donc le long terme, devrait d’ailleurs être le seul intérêt de l’entreprise ».

« Alors que Sanofi prévoit d’orienter sa recherche vers l’oncologie et l’immuno-oncologie, au moment où l’Union européenne a dévoilé, cette semaine, une vaste stratégie dans la lutte contre le cancer, il conviendra de fixer des règles claires en matière d’utilisation des fonds publics », ajoutent les membres de la délégation.

« Financer la recherche fondamentale au lieu de la réduire, relever les salaires des chercheurs pour éviter de les voir partir ailleurs » voilà les premières orientations que nous défendrons, avec un objectif simple : « l’industrie du médicament doit être au service de l’intérêt général et de la collectivité » concluent les membres de la délégation.