Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons eu la volonté constante de ne pas céder aux sirènes des polémiques stériles et en nous fixant toujours comme cap d’être utiles à notre pays.

C’est dans cet esprit que, Valérie Rabault et Patrick Kanner au nom de nos deux groupes parlementaires, et Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste ont écrit au Premier ministre et au Président de la République ;

L’unité nationale ne se décrète pas, elle se construit. Nous avons posé dans ces courriers différentes questions précises et fait plusieurs propositions concrètes auxquelles nous attendons des réponses tout aussi précises et concrètes.

Nos questions concernent en premier lieu la stratégie du gouvernement en matière de tests. Les dysfonctionnements et incohérences de cette stratégie sont anxiogènes, cela nous rappelle la dramatique gestion des masques :

  • Ce n’est pas normal qu’une personne présentant des symptômes de la maladie puisse avoir à attendre jusqu’à 7 jours pour obtenir le résultat de son test. Cette attente de 7 jours n’est satisfaisante ni d’un point de vue sanitaire, ni d’un point de vue social, ni d’un point de vue économique : elle crée de l’angoisse, ne permet pas d’enrayer la propagation du virus et peut nuire au bon fonctionnement des entreprises des salariés concernés.
  • Il nous semblerait utile d’avoir une plateforme unique qui permettrait à nos concitoyens de savoir rapidement où ils peuvent se rendre et de prendre rendez-vous en ligne sans avoir à appeler les laboratoires les uns après les autres, ou à faire la queue durant de longues heures pour pouvoir être testés. Ceci permettrait aussi de flécher tout de suite, vers les tests “rapides”, les personnes issues de clusters potentiels ou les personnes jugées prioritaires et de leur proposer un protocole d’isolement clair ;
  • Sur le plan social, le gouvernement a rétabli en catimini, le 10 juillet, le jour de carence. Cette décision soumet donc les fonctionnaires et les salariés qui attendent le résultat d’un test et qui ne peuvent télétravailler au choix suivant : soit ils posent des congés, soit ils sont placés en arrêt de travail auquel s’applique le jour de carence. Ainsi, nous demandions sans délai sa suspension, comme cela était le cas pendant l’état d’urgence sanitaire. Nous avons eu gain de cause sur ce point. 

Face à cette recrudescence des infections et des hospitalisations, nous nous posons comme tous les Français des questions simples auxquelles nous n’avons pour le moment aucune réponse :

  • Sommes-nous prêts à faire face à une deuxième vague ? Les stocks de blouses, surblouses, médicaments, seringues, qui ont tant manqué, ont-ils été reconstitués ? Les équipes médicales et paramédicales qui ont tant donné en mars, avril et mai dernier ont-elles pu récupérer et disposent-elles des moyens pour affronter cette deuxième vague ?
  • Si l’option d’un reconfinement général ne semble pas être l’option retenue par le gouvernement, qu’en est-il d’un reconfinement local ou partiel ? Dans quelles conditions ce type ce reconfinement est-il envisagé ? Des nouvelles mesures pourront-elles être envisagées sur le plan national ou toutes les nouvelles mesures seront prises sur le plan local, comme à Bordeaux ou Marseille récemment ?

Enfin – et surtout – quand la représentation nationale sera-t-elle enfin associée aux choix du gouvernement ? Les partis et les présidents de groupe n’ont pas été réunis, pas informés, pas associés depuis des mois.

  • Edouard Philippe avait instauré une communication quotidienne, des rendez-vous réguliers avec les présidents de groupes parlementaires et les responsables de partis, des longs points presse qui avaient le grand mérite de partager l’information, ce qui est d’autant plus précieux face à la complexité de la situation que personne ne nie.
  • Depuis Jean Castex, cette communication n’existe plus ! Suite à notre demande, le Premier ministre a enfin décidé de réunir les présidents de groupes et responsables de partis le 22 septembre prochain.