Les députés socialistes et apparentés apportent tout leur soutien aux personnels de l’éducation et aux lycéens mobilisés aujourd’hui partout en France.

  1. Nous dénonçons la suppression de 2 650 postes dans les collèges et les lycées à la rentrée 2019 alors que les effectifs devraient augmenter de 40 000 élèves

Nous nous sommes fermement opposés, lors des débats budgétaires, à ces suppressions. Comme 78% des Français, selon un sondage publié ce jour, nous estimons qu’on ne peut pas supprimer de postes dans l’Éducation nationale si l’on veut que l’enseignement reste de qualité.

Alors que les enseignants exprimaient déjà leurs inquiétudes à travers le mouvement #PasDeVague et dénonçaient le manque de moyens humains pour prendre en charge correctement les élèves, le gouvernement n’a rien voulu entendre.

  1. Nous dénonçons la diminution du nombre d’heures d’enseignement en BAC Pro : 250 heures en moins en moyenne sur les 3 années par lycéen

En effet, le Gouvernement prévoit une diminution du nombre d’heures d’enseignement (environ 250 heures en moins sur les 3 ans du BAC Pro) et envisage la possibilité d’augmenter les tailles des classes.

Ces mesures vont permettre de faire des économies sans tenir compte des besoins des lycéens professionnels qui sont déjà fragilisés avec le passage du bac pro en trois ans depuis 2009. Cette réforme est clairement une réforme comptable pour diminuer le cout des lycées pro.

  1. Nous dénonçons les inégalités territoriales qui vont découler de la réforme du BAC général.

A l’heure où les fractures territoriales sont dénoncées par le mouvement des gilets jaunes, il est incompréhensible et choquant que le Gouvernement accentue ces inégalités territoriales avec la réforme du lycée qu’il compte mettre en œuvre.

Le Gouvernement prétexte la nécessité de proposer aux lycéens une formation plus ouverte et plus diversifiée (en supprimant les filières L, ES et S), pour réduire drastiquement les moyens des lycées, en particulier de ceux qui ne sont pas au cœur des métropoles.

Si nous partageons cet objectif de formation plus ouverte et plus diversifiée, nous dénonçons vigoureusement l’hypocrisie à l’œuvre qui va considérablement fragiliser de nombreux lycées :

  • forte baisse des heures d’enseignement ;
  • inégalités entre les lycées qui pourront proposer par exemple 12 options et les autres qui ne le pourront pas ;
  • inégalités entre les territoires : dans une métropole, un lycéen aura toujours la possibilité de ne pas aller dans son lycée de secteur mais de choisir le lycée qui propose les options souhaitées. Cela sera évidemment impossible dans les territoires ruraux ;
  • absence de coordination avec l’enseignement supérieur pour lequel aucune réforme n’est prévue pour s’adapter à cette nouvelle organisation du lycée. Par conséquent, les anciennes filières ES, L et S vont être recrées artificiellement au travers des options… pour celles et ceux qui disposent des « bons » circuits d’information. En procédant ainsi, le Gouvernement favorise les lycéens dont les familles pourront les aider à construire des parcours rentrant dans les nouveaux critères de ParcourSup. Pour les autres ce sera la loterie.

Enfin, sur ParcourSup, nous rejoignons les critiques formulées par le défenseur des droits qui a demandé plus de transparence, avec notamment “le contenu exact et la manière précise d’évaluation de leur candidature, […] en amont du processus”.